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Des territoires, des projets, une agence

Le solaire s’invite en Essonne

20/05/2019
Énergies renouvelables et de récupération

Jeudi 18 avril s’est tenue dans le cadre de la Communauté départementale de transition écologique de l’Essonne (CDTE91), une rencontre sur le solaire photovoltaïque organisée par le département de l’Essonne, la préfecture de l’Essonne, la chambre de commerce et d’industrie de l’Essonne, l’ADEME, la DRIEE, le CAUE91 et l’IAU-AREC en partenariat avec EDF Lab Paris Saclay.

L’AREC, l’association Énergie partagée et la DRIEE sont respectivement intervenues sur le thème de la production d’énergie solaire photovoltaïque pour présenter les modèles de montages économiques. Ces présentation ont été suivies et illustrées par une intervention du Conseil départemental de l’Essonne qui mène une analyse du territoire sur un premier dégrossissement de site à potentiel développement et par la ville de Marcoussis et le SIGEIF sur le projet de ferme solaire à Marcoussis. La matinée s’est clôturée sur les solutions économiques et outils techniques existants pour encourager le développement de la filière, présentés par EDF, les hôtes de cette matinée.

Le département, facilitateur pour interpeler et créer des opportunités

Le département a confirmé sa volonté de mettre en place une politique de développement du solaire. Cette intervention fut également l’occasion de présenter l’étude du département sur le potentiel solaire de l’Essonne. Un inventaire a été dressé listant les fonciers non défavorables pour envisager des études de préfaisabilité de centrales photovoltaïques (incluant des espaces entre un et deux hectares), les toitures de bâtiments (logistiques, publics, commerciaux…), les parkings (centres commerciaux, stockage de véhicule…) et les terrains en friche ou désaffectés. Cette démarche souhaite aboutir à la définition d’une politique essonnienne en matière d’énergie solaire, d’une part en affinant les potentiels d’études et identifiant les collectivités locales qui sont intéressées par le développement de projets solaires et d’autre part par un travail d’échange et d’animation territorial.

Ferme solaire de Marcoussis, un projet né d’une volonté politique

Sur 118 projets lauréats de l’appel d’offre national de la CRE, le projet d’installation photovoltaïque de Marcoussis est l’un des trois projets retenus en Île-de-France. Avec ses 76 500 panneaux photovoltaïques et ses 48 hectares de foncier, sa mise en service est prévue au quatrième trimestre 2020, il s’agira alors de la plus grande ferme photovoltaïque d’Île-de-France avec ses 20,3 MWc.

Ce projet s’est monté en un temps record puisqu’il n’aura fallu que trois ans et demi entre les études écologiques préalables et la mise en service industrielle du projet. La signature du permis de construire dans la semaine suivant la remise de l’avis favorable de l'enquête publique illustre les contraintes calendaires fortes auxquelles a été soumis le projet et la contribution de l’Etat pour sa bonne mise en marche. Cette exemplarité est due selon nos intervenants à une conviction politique forte, partagée et portée par Jean-Jacques Guillet, maire de Chaville (92) et président du SIGEIF et Olivier Thomas, maire de Marcoussis et vice-président du SIGEIF. Ce projet a également bénéficié du soutien de la Communauté Paris-Saclay pour s’inscrire sous l’angle du PCAET (Plan climat air énergie territoire), la première phase juridique et l’appel d’offre. Ce projet aura également permis, dans le cadre de la LTECV, la création d’une société de projet par ENGIE Green et le SIGEIF qui se réserve, après la mise en service industrielle, le droit de revendre une partie de ses actions à des collectivités publiques. Le projet va également s’ouvrir à du financement citoyen à hauteur de 20 % des fonds propres qui constituent 35 % du financement du projet, le reste étant emprunté. La campagne de financement sera mise en œuvre au printemps 2020 pour une participation citoyenne qui devrait s’établir à 1,2 million d’euros. Le cahier des charges du financement participatif reste à écrire.

Modèles économiques, la multiplication d’offres techniques

Les installations photovoltaïques se répartissent selon deux catégories :

- les modèles économiques à valorisation financière de l’électricité produite soit par vente totale de la production, soit par autoconsommation avec injection de surplus.

- les installations en autoconsommation totale ou collective qui n’ont pas recours aux garanties de rachat.

Ambassadeur du groupe EDF sur territoire de l’Essonne, Christophe Hoizey, a partagé lors de cette rencontre la vision du groupe sur l’avenir de la filière. EDF est à la recherche de projets d’envergure prenant généralement la forme de champs photovoltaïques au sol, à l’image du projet de Marcoussis. Mais le groupe met aussi l’accent sur l’autoconsommation qui est, selon EDF, une solution technique d’avenir à court terme. En effet, pour EDF l’autoconsommation est un sujet qui commence à s’insérer dans tous les types de projet, pour la rénovation comme pour l’habitat neuf, puisqu’il permet d’effacer une partie de la facture d’électricité. Par ailleurs, le prix de rachat de l’électricité en revente baissant, l’autoconsommation devient une solution intéressante à une maille plus petite telle que le logement individuel. Si l’on considère en plus une solution de stockage, selon les calculs du groupe on arriverait à 95% d’effacement de la facture énergétique d’un bâtiment neuf. Pour EDF, les solutions de stockage sont rentables si l’on ne limite pas la production photovoltaïque à un usage électrique, il faudrait donc couvrir également tout ou partie des besoins thermiques du bâtiment. C’est pourquoi le groupe a choisi d’investir dans le développement de nouvelles batteries à travers sa filiale ZnR batteries. Ce nouveau type de batteries Zinc-air, appelé Zinium, serait à cycle lent, deux fois moins cher et permettrait de soutenir les modèles économiques d’autoconsommation.

Cette vision d’EDF n’est pas partagée par tous les acteurs privés de l’énergie, puisque la rentabilité de ces solutions avec stockage est encore discutable. En effet, au vue du coût du kWh stocké actuel, il y a pour le moment plus souvent intérêt à dimensionner un projet d’autoconsommation par rapport à un niveau minimum de consommation et d’envisager un projet en revente en parallèle pour optimiser sa toiture, d’autant qu’il n’existe pas encore beaucoup de modèles en autoconsommation…. Affaire à suivre !
 

Les éléments de présentations liés à la rencontre organisée par la Communauté départementale de transition écologique (CDTE) de l’Essonne.

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